Glossaire Métier – Architecture, Rénovation Énergétique & Biosourcés

Conseils d’Architecture

Laetitia Bataillie – Architecte HMONP, Formatrice en Écoconstruction

Glossaire Métier de l’Architecture

Découvrez les termes essentiels de l’architecture, la rénovation énergétique, les matériaux biosourcés, et l’assainissement écologique. Un lexique complet pour maîtriser le vocabulaire professionnel du secteur.

Architecture et Maîtrise d’Œuvre

Maîtrise d’Œuvre (MOE)

La maîtrise d’œuvre désigne l’entreprise ou le bureau d’études responsable de la conception et du suivi technique d’un projet de construction ou de rénovation. Le maître d’œuvre assure la coordination entre le maître d’ouvrage (client) et les entreprises exécutantes, garantissant le respect des normes, délais et budgets.

Maître d’Ouvrage

Le maître d’ouvrage (MOA) est le propriétaire ou commanditaire du projet, celui qui finance et décide des orientations générales. Il peut être une personne physique (particulier), une collectivité, ou une entreprise. Le maître d’ouvrage définit le cahier des charges et mandate la maîtrise d’œuvre.

AMO – Assistance à Maîtrise d’Ouvrage

L’AMO est un prestataire qui accompagne le maître d’ouvrage dans la préparation et le suivi de son projet. Elle l’aide à définir ses besoins, optimiser le budget, sélectionner les entreprises et valider les choix techniques. L’AMO représente les intérêts du maître d’ouvrage face à la maîtrise d’œuvre.

HMONP – Habilitation à la Maîtrise d’Œuvre Publique

L’HMONP est une qualification professionnelle obligatoire en France pour les architectes exerçant librement. Elle certifie les compétences en architecture, droit de la construction et gestion de projet. Cette habilitation est délivrée par le Conseil national de l’ordre des architectes.

Esquisse

L’esquisse est la première étape de la conception, représentant les grandes lignes du projet. Elle exprime l’idée globale, l’organisation spatiale et les principes directeurs (orientation, volumétrie, matériaux) avant tout calcul détaillé. L’esquisse permet au client de valider la direction du projet.

APS – Avant-Projet Sommaire

L’APS est une phase de conception plus avancée que l’esquisse, détaillant les grandes lignes sans précision d’exécution. Elle inclut plans, coupes, façades et estimations budgétaires globales. L’APS permet de valider la faisabilité technique et économique avant engagement financier majeur.

APD – Avant-Projet Définitif

L’APD affine l’APS avec un niveau de détail important : cotes, dimensions précises, choix matériaux, systèmes techniques. Elle inclut un métré estimé et un budget détaillé. L’APD est suffisante pour déposer un permis de construire et constitue la base du dossier de consultation des entreprises.

CCTP – Cahier des Clauses Techniques Particulières

Le CCTP est un document contractuel listant les spécifications techniques, matériaux, normes et dispositions particulières que doivent respecter les entreprises. Il complète le Cahier des Clauses Administratives et définit précisément les exigences qualitatives du projet pour chaque poste de travaux.

Permis de Construire

Le permis de construire est l’autorisation administrative préalable obligatoire pour les travaux de construction, extension ou modification substantielle d’un bâtiment. Obtenu auprès de la mairie, il certifie la conformité du projet aux règles d’urbanisme (PLU, règlements) avant démarrage du chantier.

Déclaration Préalable

La déclaration préalable est une autorisation administrative simplifiée pour les travaux mineurs (petites extensions, modifications de façade). Elle requiert un dossier moins complet qu’un permis de construire et s’instruit en 1 mois. Elle s’applique aux interventions respectant les seuils réglementaires.

PLU – Plan Local d’Urbanisme

Le PLU est le document de référence régissant l’urbanisme communal : zonage, règles de construction, densité autorisée, alignements, hauteurs, stationnement. Chaque commune dispose de son PLU, établissant les conditions pour que tout projet respecte la politique d’aménagement local.

Coordination de Chantier

La coordination de chantier organise les interventions des différents corps de métiers (maçonnerie, électricité, plomberie, menuiserie…). Elle gère l’planning, les interfaces techniques, la sécurité et la qualité. Le coordinateur assure la cohérence d’exécution et résout les conflits entre lots de travaux.

Diagramme de Gantt

Le diagramme de Gantt est un outil de planification projetant chronologiquement les tâches sur un axe temporel horizontal. Chaque barre représente une activité avec ses dates de début/fin. Cet outil visualise la durée totale, l’ordre des tâches, les dépendances et facilite la gestion des délais de chantier.

Interface Technique

Une interface technique désigne la jonction ou interaction entre deux lots de travaux ou systèmes (exemple : raccordement électricité-chauffage, liaison isolation-menuiseries). Bien définir les interfaces évite les malfaçons, redondances et conflits entre corps de métiers en rénovation énergétique.

MAF – Maîtrise d’Ouvrage Fédérale

La MAF désigne les fonctions de maîtrise d’ouvrage regroupées (projet, technique, administratif). Compatible avec l’Ordre des architectes, cette approche organise les responsabilités pour assurer une gestion efficace et conforme du projet de conception à livraison.

Qualiopi

Qualiopi est le label qualité français certifiant les organismes de formation. Cette certification vérifie le respect de critères pédagogiques, administratifs et de conformité légale. Elle est obligatoire pour accéder aux financements publics (France Compétences) et valide l’excellence des programmes de formation.

Rénovation Énergétique

Rénovation Énergétique

La rénovation énergétique englobe les travaux d’amélioration de la performance énergétique d’un bâtiment existant : isolation, chauffage, ventilation, menuiseries. Elle vise à réduire les consommations, les émissions carbone, améliorer le confort et la valeur du patrimoine bâti.

Rénovation Performante

La rénovation performante vise une amélioration substantielle de l’efficacité énergétique, réduisant la consommation de 60 à 80%. Elle intègre isolation thermique, étanchéité, systèmes de chauffage efficaces et ventilation optimisée. Elle se distingue des rénovations partielles par son approche globale et ses gains énergétiques significatifs.

Rénovation Thermique

La rénovation thermique se concentre sur l’amélioration de la performance thermique : isolation des parois, combles, toitures, menuiseries. Elle maîtrise les ponts thermiques et optimise l’étanchéité à l’air. La rénovation thermique est le levier principal pour réduire les consommations de chauffage.

Bâti Ancien

Le bâti ancien désigne les bâtiments construits avant l’application des premières normes thermiques (avant années 1980). Ces constructions présentent des défis spécifiques : inertie thermique importante, parois épaisses poreuses, absence d’isolation. La rénovation du bâti ancien requiert une approche adaptée respectueuse de sa singularité.

Bâti Existant

Le bâti existant désigne tout bâtiment déjà construit, qu’il soit ancien ou récent. En rénovation énergétique, intervenir sur le bâti existant exige de diagnostiquer l’état structurel, identifier les pathologies, adapter les solutions aux contraintes constructives existantes et garantir la compatibilité des nouveaux systèmes.

Passoire Énergétique

Une passoire énergétique est un logement très consommateur d’énergie, généralement classé G ou F au DPE. Ces bâtiments présentent une faible isolation thermique, des déperditions importantes et coûts énergétiques exorbitants. La loi française prévoit progressivement l’interdiction de louer les passoires énergétiques.

DPE – Diagnostic de Performance Énergétique

Le DPE évalue la performance énergétique d’un bâtiment sur une échelle de A (très efficace) à G (passoire). Il quantifie la consommation énergétique estimée et classe les émissions carbone. Obligatoire pour vente ou location, le DPE guide les décisions d’investissement en rénovation énergétique.

Audit Énergétique

L’audit énergétique est un diagnostic approfondi détectant les gisements d’économies d’énergie. Plus exhaustif que le DPE, il analyse détails techniques, mesures in situ, perte thermiques et propose des scénarios de travaux avec estimations budgétaires et gains énergétiques projetés.

RE2020 – Réglementation Environnementale 2020

La RE2020 est la réglementation thermique française applicable à la construction neuve depuis 2022. Elle impose bâtiments à très haute performance énergétique, réduit les émissions carbone (analyse de cycle de vie) et intègre le confort d’été. Elle renforce les exigences par rapport à RT2012.

RT2012 – Réglementation Thermique 2012

La RT2012 est la réglementation thermique en vigueur pour les bâtiments neufs avant 2022. Elle impose une consommation énergétique primaire maximale de 50 kWh/m²/an, une étanchéité à l’air requise et des apports solaires optimisés. La RT2012 marque l’engagement français vers l’efficacité énergétique.

MaPrimeRénov’

MaPrimeRénov’ est l’aide financière française principale pour la rénovation énergétique des résidences principales, versée par l’Agence Nationale de l’Habitat (ANAH). Le montant varie selon revenus et nature des travaux. Elle s’accumule avec d’autres aides et finance jusqu’à 90% des travaux pour les foyers modestes.

CEE – Certificats d’Économie d’Énergie

Les CEE sont des certificats que les fournisseurs d’énergie doivent obtenir pour financer des travaux d’efficacité énergétique. Ces certificats se négocie entre vendeurs (obligés) et acheteurs. Les CEE financent la rénovation thermique, chauffage, ECS et constituent une source majeure de financement complémentaire.

Physique Thermique et Confort

Résistance Thermique (R)

La résistance thermique mesure la capacité d’une paroi à s’opposer au flux de chaleur. Exprimée en m²K/W, elle dépend de l’épaisseur et de la conductivité du matériau. Plus R est élevée, meilleure est l’isolation. La résistance totale d’une paroi résulte de l’addition des résistances des couches (matériaux + lames d’air).

Conductivité Thermique (Lambda)

Lambda (λ) exprime la capacité d’un matériau à conduire la chaleur. Mesurée en W/(m.K), une lambda basse indique un bon isolant. Les laines minérales ont λ = 0.04 W/(m.K), les biosourcés (fibre de bois, chanvre) entre 0.04 et 0.08. La conductivité thermique détermine l’épaisseur d’isolant nécessaire.

Inertie Thermique

L’inertie thermique est la capacité d’une paroi à accumuler et restituer la chaleur progressivement. Matériaux lourds (béton, pierre, brique) offrent forte inertie. Elle rééduit les variations de température intérieure et amortit les pics de chaleur. L’inertie protège du suréchauffage d’été et conserve la chaleur d’hiver.

Déphasage Thermique

Le déphasage désigne le délai entre la montée thermique extérieure et intérieure. Combinaison de résistance et d’inertie, il exprime le retard dans la transmission de chaleur. Un déphasage de 12h signifie que l’apport thermique reçu le midi sera restitué à minuit. Le déphasage protège du suréchauffage diurne en rénovation.

Confort Thermique

Le confort thermique résulte de l’équilibre entre rayonnement, convection, évaporation et habillement (norme ASHRAE 55). Température opérative, humidité relative et vitesse d’air déterminent la sensation thermique. Un confort d’hiver optimal se situe entre 19-22°C; l’été, 24-26°C avec masse thermique limite les pics.

Confort d’Été

Le confort d’été évite la surchauffe intérieure lors de vagues de chaleur. Stratégies passives incluent orientation, protections solaires, ventilation nocturne, inertie thermique et déstockage. Face au changement climatique amplifiant les canicules, le confort d’été devient enjeu majeur au-delà du confort hiverné.

Surchauffe

La surchauffe désigne le suréchauffement intérieur par apports solaires excessifs, insuffisante ventilation ou inertie. Elle altère confort, santé (déshydratation, troubles du sommeil) et consomme climatisation. En rénovation, réduire la surchauffe prioritaire via isolation, protections solaires et ventilation naturelle.

Ponts Thermiques

Les ponts thermiques sont des zones de rupture dans l’isolation où la chaleur s’échappe préférentiellement (linéaires : jonctions mur-toiture, dallages; ponctuels : ancrages, traverse). Leur correction (ITE, ITI) réduit déperditions et élimine risques de condensation. Les ponts thermiques représentent 20-30% des déperditions totales.

Étanchéité à l’Air

L’étanchéité à l’air mesure les fuites parasites (infiltrations involontaires) par fissures, joints mal posés ou discontinuités d’isolant. Ses défauts engendrent déperditions, condensation, inconfort. L’étanchéité à l’air se quantifie en m³/(h.m²) à 50 Pa (n50). Critère essentiel en rénovation performante.

Ventilation Naturelle

La ventilation naturelle utilise les phénomènes physiques (tirage thermique, effet Venturi, traverse traversante) sans motorisation. Elle échange l’air intérieur polluée contre air extérieur frais. Efficace par architecture (grandes ouvertures traversantes, hauteurs différentes) et moins coûteux, elle requiert conception spécifique.

Ventilation Nocturne

La ventilation nocturne refroidit passif la structure par circulation d’air frais la nuit. Efficace jusqu’à 12°C externe, elle stocke fraîcheur dans l’inertie pour restitution le jour. Motorisée ou naturelle, elle complète protections solaires et constitue stratégie phare en confort d’été low-tech.

Tirage Thermique

Le tirage thermique crée un déplacement d’air par différence de densité entre air chaud (moins dense) et air froid (plus dense). Ouvrir baies basses (air frais) et hautes (air chaud s’échappe) génère flux vertical naturel. Principe essentiel de ventilation naturelle nocturne en rénovation thermique.

Effet Venturi

L’effet Venturi désigne l’accélération du flux d’air au passage d’une convergence, créant appel d’air. La pression baisse dans le rétrécissement, aspirant l’air environnant. Utilisé en architecture (passages étroits entre bâtiments, canyons urbains) pour amplifier ventilation naturelle traversante.

Déstockage Nocturne

Le déstockage nocturne est la restitution progressive de l’énergie thermique accumulée dans l’inertie le jour. Parois massives (béton, pierre) chauffées en journée cèdent chaleur à la nuit fraîche par rayonnement et convection. Amplifié par ventilation nocturne, il maintient confort sans climatisation.

Hygrométrie et Humidité Relative

L’hygrométrie mesure la teneur en eau vapeur de l’air. L’humidité relative (HR) compare humidité actuelle à saturation possible (0-100%). Confort optimal se situe 40-60% HR. En-dessous, air sec altère respiratoires; au-delà, risques condensation, moisissures. Ventilation régule hygrométrie naturellement.

Facteur Solaire (Sw)

Le facteur solaire Sw mesure la fraction d’énergie solaire transmise à travers une fenêtre (0 = opaque; 1 = complètement transparent). Sw = 0.3-0.4 pour vitrages performants. Faible Sw limite surchauffe été; attention à ne pas réduire apports solaires hiver. Optimisation Sw nécessite protections solaires mobiles.

Transmission Lumineuse (TL)

La transmission lumineuse TL mesure la portion de lumière naturelle traversant une fenêtre (0-100%). Compromis nécessaire : forte TL souhaitable pour lumière naturelle mais augmente apports solaires. Protections solaires réduisent TL jusqu’à 50%. CalSol aide à optimiser ce trade-off lumière-chaleur.

CalSol

CalSol est un outil gratuit français dimensionnant les protections solaires en fonction orientation, latitude, exigences confort. Développé par l’INES, il calcule l’ombrage produit par avancées, pare-soleil ou lamelles selon position solaire annualisée. CalSol guide choix protections optimales pour confort d’été.

Ubakus

Ubakus est un outil de simulation en ligne modélisant le comportement thermique dynamique de parois multicouches. Il prédit température interne, suréchauffage, et compare isolants biosourcés vs minéraux. Ubakus valide choices isolation pour confort été et aide dimensionner résistance/inertie appropriées.

Matériaux Biosourcés et Géosourcés

Matériaux Biosourcés

Les matériaux biosourcés sont issus de la biomasse renouvelable : bois, paille, chanvre, fibre de bois, lin, coton recyclé, ouate de cellulose. Faible impact carbone, régulation hygrométrique naturelle et conformité RE2020, ils constituent alternative écologique aux isolants minéraux pour rénovation performante et écoconstruction.

Chanvre (Béton de Chanvre, Enduit Chanvre-Chaux)

Le chanvre offre multiple usages : béton de chanvre (structure légère isolante), isolation (fibre/laine), enduit chanvre-chaux (finition respirante). Ses avantages : régulation hygrométrique, capacité tampon, faible conductivité (λ = 0.06-0.08 W/(m.K)), et carbone négatif si bien valorisé. Idéal rénovation bâti ancien.

Paille (Construction Paille, Isolation Paille)

La paille offre excellente isolation thermique (λ = 0.04-0.05 W/(m.K)) en épaisseurs libres (40-60 cm murs). Construction paille sur ossature bois combine légèreté, économie et performance. Contraintes : humidité (traitement fongicide requiert étanchéité à l’air, pare-pluie) et compétences rares. Revient low-tech en vogue.

Fibre de Bois

La fibre de bois isole très efficacement (λ = 0.04 W/(m.K)) combinant faible conductivité et excellente inertie thermique. Disponible vrac (combles), panneaux rigides ou semi-rigides adaptés ITE/ITI. Régule hygrométrie naturellement et offre capacité thermique volume supérieure laines minérales.

Ouate de Cellulose

L’ouate de cellulose (papier journal recyclé) isole efficacement (λ = 0.04 W/(m.K)) en vrac pour combles ou cavités. Faible densité, coût compétitif et régulation hygrométrique. Nécessite mise en œuvre soignée (densité 55-65 kg/m³) et traitement feu. Excellente option combles rénovation budget.

Liège

Le liège (écorce du chêne-liège) combine isolation (λ = 0.04 W/(m.K)), inertie thermique et résistance excellentes. Panneaux denses (110-150 kg/m³) supportent charges. Durabilité exceptionnelle (50+ ans). Coût premium justifié pour rénovation hauts standards longevité-confort. Idéal combles, toitures, sols.

Terre Crue (Pisé, Adobe, Torchis)

Terre crue désigne matériaux non cuits : pisé (terre compactée en coffrage), adobe (briques), torchis (clayonnage paille-terre). Très bonne régulation hygrométrique, excellente inertie thermique, impairement structural nécessite renfort. Rénovation bâti ancien valorise terre existante, améliore confort hygrométrique intérieur.

Enduit Chaux

Enduits chaux (aérienne ou hydraulique) respirent et régulent hygrométrie contrairement ciments. Compatible bâti ancien, évite condensation sous imperméable. Permet bâtiment respirer en profondeur. Esthétique vivante et aspect noble. Durabilité excellente si mise en œuvre adaptée (épaisseurs, composition, base, salissure).

Bois Massif

Bois massif offre structure (charpente, ossature), inertie thermique et séquestration carbone durable. Conductivité λ = 0.12 W/(m.K) modérée mais densité permet masse thermique. Combiné isolants biosourcés, crée enveloppe biosourcée haute performance. Gestion forestière durable critique pour impact carbone net.

Lin

Lin offre isolation efficace (λ = 0.04 W/(m.K)) en panneaux ou rouleaux légers. Régulation hygrométrique excellente, absence traitements chimiques. Tige entière valorisée (zéro déchet). Moins inerte que fibre bois mais options écologiques appréciées. Adapté ITI, combles, cloisons intérieures rénovation biosourcée.

Gestion de l’Eau et Assainissement

Phytoépuration (Filtres Plantés de Roseaux)

La phytoépuration utilise plantes (roseaux) et microbiologie substrat pour traiter eaux usées. Filtres plantés de roseaux épurent eaux grises, noires sans chimie. Efficacité 95%, résilience écologique, paysage agréable. Assainissement non agréé sous conditions; montage administratif ARS/SPANC critique.

Toilettes Sèches

Toilettes sèches séparent fèces (noirs) urine sans eau. Matière sèche (sciure, terra preta) absorbe, réduit volume 90%. Élimine pic flux eaux noires, économise eau drastiquement. Conversion nécessite mentalité + infrastructure (stockage, traitement compost). Associée phytoépuration : système autonome complet.

Eaux Grises

Eaux grises proviennent douches, lavabos, lave-linges : peu polluées. Distinctes eaux noires (toilettes), elles se traitent par phytoépuration simple pour réutilisation arrosage. Séparation éaux grises/noires crucial : facilite traitement, permet réutilisation, réduit charge station épuration.

Eaux Noires

Eaux noires proviennent toilettes : très polluées (matière organique, pathogènes). Requièrent traitement spécifique phytoépuration, fosse toutes eaux ou toilettes sèches. Réglementation stricte : interdiction rejet directs, nécessité assainissement collectif ou non-collectif conforme RSD.

Récupération d’Eau de Pluie

Récupération captée pluie toitures, stockée citernes souterraines/aériennes pour arrosage, nettoyage, WC. Dimensionnement : surface captante, besoins annuels, climat. Traitements : filtration fine, géotextiles. Réglementations strictes : eau non potable, affichage signalétique. Autonomie hydrique partielle résilience face sécheresses.

Assainissement Collectif

Assainissement collectif centralise traitement eaux usées toute commune via STEP (Station de Traitement). Économies d’échelle mais pas flexibilité. Obligatoire si réseau public. Alternative assainissement non-collectif si densité faible, conditions sol/nappe adéquates validées SPANC.

Assainissement Non-Collectif (ANC)

L’ANC traite eaux usées localement (fosse septique, phytoépuration, toilettes sèches) sans collecte centralisée. Applicable zones non-desservies réseau public. Entretien régulier requiert; inspection SPANC obligatoire. Permet autonomie, flexibilité technique et coûts exploitation réduits en contexte ruraln.

SPANC – Service Public d’Assainissement Non-Collectif

Le SPANC est service communal (souvent intercommunal) responsable diagnostic, contrôle conformité assainissement non-collectif. Diagnostic obligatoire avant vente bâtiment non-collectif. Inspections périodiques vérifies conformité. Clé administrative déploiement autonomie hydrique : étapes diagnostique, opposition ARS.

Gestion des Eaux Pluviales

Gestion eaux pluviales limite ruissellement urbain polluant vers lacs/fleuves. Techniques : toitures-jardins, noues, bassins tampon, surface perméable, récupération stockage. Réduit inondations, recharge nappes, filtre pollution. Devenue exigence réglementaire rénovation en zones sensibles et prioritaires développement durable.

Accessibilité

ERP – Établissement Recevant du Public

Un ERP est tout bâtiment public ou privé accueillant publics : commerces, bureaux, écoles, collectivités, lieux loisirs. Soumis obligations accessibilité strictes (accessibilité PMR, éclairage, signalétique, cheminements), contrôlées commissions accessibilité. Rénovation ERP exige conformité légale validée.

PMR – Personne à Mobilité Réduite

PMR désigne toute personne en fauteuil roulant, marche difficile, cécité, surdité ou troubles cognitifs. Accessibilité PMR requiert pentes ≤6%, portes 0.77m min, ascenseurs, WC adaptés, signalétique braille/pictogrammes, bandes tactiles. Inclusivité bénéficie tous (parents poussettes, personnes âgées).

Rampe d’Accès

Rampe d’accès remplace escaliers permettant PMR accès. Pentes max 6% (1:16.7, ex: 1m de pente pour 16.7m rampe) en situations standards; 8% maximum toléré brièvement. Garde-corps, main-courante 65-75cm, largeur ≥1.2m requis. Calculs géométriques critiques : défaut pente annule usage rampe.

Pathologies du Bâti

Humidité

Humidité bâti provient infiltrations (toitures, menuiseries), remontées capillaires fondations, condensation. Engendre moisissures, dégradation matériaux, pathologies structurales. Diagnostic: mesure teneur eau, identification sources. Solutions: étanchéité, drainage, ventilation, traitements surface. Priorié rénovation thermique.

Condensation

Condensation résulte air chaud-humide entrant contact parois froides. Température surface descend sous point rosée, vapeur se condense. Cause: apports hygrométriques (occupation, douche), isolation insuffisante, ventilation défaillante. Solutions: ventilation (VMC double flux), isolation, débit air maintenu. Critère confort hiver.

Capillarité (Remontées Capillaires)

Capillarité désigne eau montée verticalement matériaux poreux contre gravité via adhésion molécules eau parois poreuses. Bâti ancien sans barrière humidité (imperméabilisation fondation) subit remontées capillaires endommageant fondations, murs. Solutions: barrière chimique, drainage périphérique, ITE protectrice.

Moisissures

Moisissures (champignons microscopiques) prolifèrent humidité >60% HR, température 15-25°C. Esthétiquement désagréables, allergènes respiratoires, toxines (aflatoxines). Habituellement surfaces froides (ponts thermiques, coin), joints salle eau. Solutions préventives: isolation thermique, ventilation, hygrométrie <60%.

Fissures

Fissures structurales ou superficielles indiquent mouvements (tassement, retrait séchage, chocs thermiques). Structural: danger; superficielles: désagrément esthétique. Diagnostic: orientation, propagation, contexte (neuf/ancien). Solutions: injection silicone cosmétique, renforcement si structurel, traitement cause (humidité, fondations).

Point de Rosée

Le point de rosée est température à laquelle air sature en vapeur eau, initiant condensation. Dépend hygrométrie relative: HR 100% à 20°C = point rosée 20°C. Migration vapeur paroi : si température chute sous point rosée dans épaisseur, condensation risque (Diagramme de Glaser). Isolation prévient.

Hygroscopie

Hygroscopie est capacité matériau absorbant humidité atmosphérique régulant hygrométrie. Matériaux hygroscopiques (terre, chanvre, pierre) stockent vapeur HR haute, la restitue HR basse. Régulation naturelle confort et prévention condensation. Opposé: synthétiques imperméables à vapeur (accumulent humidité surfaces).

Diagnostic Structurel

Le diagnostic structurel évalue intégrité structures porteuses : fondations, murs, charpente, planchers. Recherche: fissures, tassements, corrosion armatures, dégradations matériaux. Obligatoire rénovation importante, détermine faisabilité, nécessité renforts. Expertise architecte ou BET structures critique rénovation performante.

Ventilation et Chauffage

VMC – Ventilation Mécanique Contrôlée

La VMC motorise extraction air humide cuisine/salle eau vers extérieur. Simple flux: évacue air vicié, infiltrations remplacent air frais. Doublé flux: récupère 70-80% chaleur évacuée via échangeur, réchauff air entrant. Double flux double coûts mais prime économies chauffage > 5 ans en climat froid.

Chauffage

Chauffage génère chaleur maintenant confort hiver. Options: chaudière gaz/fioul (progressivement interdites), pompe chaleur air/sol (efficace, électrique), résistances électriques (coûteux), solaire thermique (appoint). Dimensionnement: déperditions bâti (W/K). Rénovation énergétique réduit besoin chauffage drastiquement.

PAC Réversible

PAC réversible chauffe hiver (mode pompe chaleur) et refroidit été (climatisation). Efficacité énergétique supérieure chauffage électrique (COP 3-4). Coûts importants. Justifiée si rénovation performante limite besoin refroidissement été, combinée protections solaires/ventilation nocturne.

Rafraîchissement Passif

Rafraîchissement passif utilise moyens non-motorisés (ventilation nocturne, inertie, protections, surélévation) maintenant confort été sans climatisation. Hiérarchie passive avant climatisation: réduire apports (orientation, protections), favoriser évacuation (ventilation), augmenter inertie (masse thermique).

Puits Canadien

Puits canadien exploite température stable sous-sol (10-12°C) conduits souterrains air entrant. Air froid preconditionne avant bâti. Efficace refroidissement passif appoint hiver. Coûts installation, maintenance échangeur régulière, risque humidité condensation exigent conception soignée. Alternative géothermie superficielle.

Eau Chaude Sanitaire (ECS)

ECS fournitures eau chaude 35-45°C sanitaire (douche, lave-mains, lave-vaisselle). Source: chaudière, PAC, solaire thermique, électrique. Dimensionnement: besoins habitants, stockage ballon si intermittent. Rénovation: isoler canalisations (15mm minimum), circulateur, thermostats mitigeurs. Solaire thermique + appoint efficace.

Géothermie Superficielle

Géothermie superficielle capte énergie sol (<200m) via capteurs horizontaux enterrés ou verticaux (forages). Alimente PAC chauffage/refroidissement. Efficacité excellente (COP 4-5) mais coûts investissement très élevés, faisabilité dépend contexte géologique/cadastral. Justifiée projets collectifs amortissement.

Low-Tech, Frugalité et Résilience

Low-Tech

Low-tech désigne approche minimisant technologie complexe prioritarisant solutions simples, durables, maintenables localement. Ventilation naturelle plutôt VMC; protections solaires passives plutôt climatisation; inertie plutôt PAC. Low-tech économise énergie, finances, complexité, amplifie résilience face pannes.

Frugalité Heureuse

Frugalité heureuse combine sobriété énergétique/matériaux avec bien-être, qualité de vie. Réduit gaspillage, empreinte carbone, dépendances énergie importée. Favorise confort local (confort thermique sans énergie), matériaux biosourcés, partage, entreaide. Philosophie alternative à consommation débridée face urgence climatique.

Résilience

Résilience capacité système retourner état stable après perturbation (crise énergétique, climatique, économique). Bâti résilient: autonomie énergétique/hydrique, stockage, solutions passives, matériaux locaux, maintenance simple. Éloigne dépendance fossiles importés, renforce capacité adaptation changements climatiques.

Bioclimatisme

Bioclimatisme intègre bâti environnement climatique spécifique : orientation solaire, ventilation naturelle, protections saisonnières, inertie appropriée, matériaux locaux. Maximise confort passif réduisant besoins énergie active. Approche holiste architecture-climat alternative climatisation imposée.

Ventilation Traversante

Ventilation traversante utilise ouvertures opposées générant courant croisé naturel d’air frais. Efficace limites ≤12m profondeur. Requiert architecture (baies multiples contrôlables), acceptabilité bruit/poussière. Stratégie low-tech confort d’été prioritaire manuelles thermiques, évite moteurs.

Masse Thermique

Masse thermique capacité bâti accumulent restituer chaleur (inertie). Matériaux denses lourds (béton, pierre, brique, terre) offrent capacité stockage élevée. Optimale combinaison: inertie importante + exposition solaire contrôlée + ventilation nocturne = confort passif été/hiver sans climatisation.

Autres Termes Essentiels

ITE – Isolation Thermique par l’Extérieur

L’ITE enveloppe bâtiment extérieur isolant continue éliminant ponts thermiques. Protège structure historique, conserve surface utile intérieure, réduit déperditions drastiquement. Critères: esthétique façade (finitions variées), coût plus élevée ITI, accessibilité chantier en urbain. Gold standard rénovation performante.

ITI – Isolation Thermique par l’Intérieur

L’ITI ajoute isolant parois intérieures. Moins coûteuse ITE, occupabilité rapide chantier intérieur. Inconvénients: réduit surface utile, ponts thermiques jonctions persistent, risques condensation si vapeur mal gérée. Adaptée rénovation légère, surfaces limitées, contexte architectural protégé.

FEEBat

FEEBat est programme formation continue France énergie thermique bâtiment. Certifications: audit énergétique, diagnostic performance, conception solutions. Validation continue formation architectes maitrise. Prérequis nombreux formations spécialisées (confort été, biosourcés, autonomie eau).

DynaMOE

DynaMOE est programme formation appronfondissant maîtrise d’œuvre coordination chantier complexe rénovation performante. Focus interfaces techniques, gestion artisans, phases constructives critiques, optimisation planning. Complément FEEBat pour architectes senior coordination technique.

MAR – Mon Accompagnateur Rénov’

Mon Accompagnateur Rénov’ (MAR) est programme France aide maître ouvrage faire-valoir au design projet rénovation performante. AMO gratuites structure guidance, conseils matériaux, optimisation financements MaPrimeRénov’/CEE. Objectif démocratisation accès rénovation performante ciblant foyers modestes.

Norme ASHRAE 55

ASHRAE 55 définit paramètres confort thermique acceptables bâtiments. Critères: température opérative, humidité relative, vitesse air, habillement, activité. Outil calibration conceptions climatisation passive. Usage international référence confort thermique design thermique rénovation performante.

SCOT – Schéma de Cohérence Territoriale

Le SCOT définit cadre aménagement territoire intercommunal: densités urbaines, équilibre urbain-rural, transport, environnement. PLU municipal doit compatibilité SCOT. Détermine contexte urbanisme rénovation: secteurs densification, contraintes environnementales.

À propos du glossaire

Ce glossaire métier regroupe la terminologie essentielle de l’architecture, de la rénovation énergétique, des matériaux biosourcés et de l’assainissement écologique. Conçu pour les professionnels, clients et étudiants, il enrichit la compréhension du secteur bâtiment durable.

Auteur : Laetitia Bataillie, Architecte HMONP, Formatrice spécialisée en écoconstruction et rénovation énergétique performante.

Sources de Référence

  • AQC (Agence Qualité Construction) – Études pathologies constructives et bonnes pratiques qualité
  • CREBA (Centre de Ressources pour la Réhabilitation du Bâti Ancien) – Expertise bâti ancien rénovation
  • Maison Paysanne de France – Patrimoine bâti rural, biosourcés, chaux-terre
  • Énergie Plus (energieplus-lesite.be) – Physique thermique, outils dimensionnement, confort
  • Profeel – Recherche performance énergétique, optimisation système
  • CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) – Normes, régulations, essais matériaux
  • ADEME (Agence de la Transition Écologique) – Données énergie, chiffres clés, aides financières

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